Op CROCODILE ROTO 39-40, Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo

Op CROCODILE ROTO 39-40, Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo

Photo : Maj Mathieu PROULX, chef OI, Lcol Sébastien CAMPAGNA, FO RDC GOMA DET CMD, Maj Peter COOPER, Sgt Michel Jolicoeur, commis ESN

« Nous avions entendu parler d’un orphelinat, en République démocratique du Congo, qui recevait l’aide de Canadiens, mais dont la trace avait été perdue. Par hasard, un membre de l’organisation s’est rendu compte que nous étions Canadiens et nous a parlé de l’orphelinat encadré par l’ONG Enfants Orphelins du Monde. Philippe, le responsable, nous a expliqué qu’il recueille les enfants de la rue, communément appelés « mai bobo », afin qu’ils ne deviennent pas des voyous ou pire, qu’ils soient recrutés dans les groupes armés afin de devenir des enfants soldats. Il n’a pas suffisamment d’espace pour héberger tous les enfants; l’orphelinat a un plancher de pierres volcaniques et il n’y a pas de lits. Alors, Philippe s’appuie sur la population locale pour héberger les enfants pendant la nuit. Le jour, ils vont à l’école et ils ont droit à au moins un repas chaud.
 
Nous avons visité l’orphelinat le 19 janvier 2020, et quelle ne fut pas notre surprise d’être accueillis avec enthousiasme par des enfants curieux et heureux de voir ceux dont ils avaient tant entendu parler! Ils nous attendaient même avec un drapeau du Canada signé par les membres du contingent de 2013. Nous avons distribué des ballons de soccer et des bonbons, ce qui a bien failli tourner à l’émeute!
 
En visitant le minuscule bureau de l’organisation, nous avons été encore surpris de voir des photos de militaires canadiens de rotations précédentes. Dès lors, nous nous sommes engagés à aider cette organisation.
 
Grâce à des dons privés, particulièrement de nos familles et amis, nous avons été en mesure d’acheter et de livrer des denrées alimentaires de base et du matériel scolaire. En particulier, les enfants étaient très heureux de leurs nouvelles ardoises.
 
À notre troisième visite, nous avons voulu apporter une amélioration plus permanente à cet établissement. Encore une fois, surtout grâce à des dons privés, nous avons pu refaire le plancher de deux salles de classe afin que les enfants n’aient plus à marcher sur les pierres volcaniques, que les pupitres soient plus droits et que les classes puissent servir de dortoirs d’urgence. Le 23 février, nous nous sommes donc mis à l’œuvre pour refaire le plancher avec nos collègues congolais. Au départ, ces derniers étaient plutôt sceptiques quant à notre présence, nous traitant de « muzungu », ce qui signifie étranger, jusqu’à ce qu’on enlève nos chemises. Ils furent surpris que des « muzungu » travaillent côte à côte avec eux. Le reste du travail s’est effectué dans la bonne humeur et plusieurs blagues furent échangées.
 
Malheureusement, il reste encore de nombreux projets à compléter avant que l’orphelinat soit « habitable », en l’occurrence les autres planchers, une cuisine, des toilettes dignes de ce nom, l’électricité solaire et un système de récupération d’eau de pluie, car ils n’ont pas d’eau. Disons que ce ne sont pas les projets qui manquent. »   
 
En février 2020, le chef de projet, le Lcol Sébastien Campagna, Collège militaire royal de Saint-Jean, a fait parvenir aux responsables de Boomer’s Legacy le témoignage ci-dessus au sujet d’un orphelinat à Goma, en République démocratique du Congo. Inspiré par ce témoignage, Boomer’s Legacy a accordé des fonds supplémentaires à l’équipe pour construire un bloc sanitaire avec des toilettes et une douche.  
 
La mission de l’orphelinat est de sortir les enfants de la rue, leur donner une éducation et éviter qu’ils soient recrutés dans des groupes armés illégaux afin de devenir des enfants soldats. La réalisation de ce projet contribuera à donner à ces enfants une chance de vivre leur vie, eux qui sont l’avenir du Congo, et permettra au contingent canadien et aux Canadiens en général de laisser leur marque auprès de la population locale.  
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